L’arghoul

L’arghoul est une clarinette double en roseau. C’est un instrument typiquement égyptien. Son nom « argoul » viendrait de l’arabe « urgün » qui signifie orgue. Elle se distingue des autres clarinettes en roseau par la présence d’un tuyau bourdon que l’on peut allonger en ajoutant des segments afin d’en modifier la tonalité. Les deux tuyaux de l’arghoul sont reliés entre eux par des rubans de tissu et de cordelettes et de la cire. Le tuyau mélodique est percé de cinq ou six trous, accordés sur l’échelle diatonique.

Par des techniques d’obturation partielle des trous et d’insufflation, on peut obtenir tous les sons utilisés dans la musique égyptienne. L’autre tuyau produit la note tonale (note de référence) de façon continue « en bourdon ». Chaque tuyau possède une anche battante taillée directement dans le tube.

Arghoul
Instrument de musique égyptien : Arghoul

Il existe trois variétés d’arghoul :

  • un petit arghoul (de 60 cm à 85 cm),
  • un arghoul de taille moyenne, et
  • un grand arghoul dont le tuyau bourdon peut atteindre 2,50 m. Ce dernier a pratiquement disparu en raison de sa difficulté de jeu.

Mode de jeu de l’arghoul

L’arghoul est tenu de face. Le musicien met entièrement les anches dans la bouche et pratique la respiration continue (ou circulaire) : pendant qu’il expulse l’air dans l’instrument, le joueur conserve un peu d’air dans ses joues gonflées, avant d’utiliser tout l’air contenu dans ses poumons. Puis, avant d’inspirer à nouveau par le nez, il ferme la partie arrière du pharynx en appuyant la racine de la langue contre le voile du palais. Quand tout est bien « fermé », le joueur peut inspirer par le nez et en même temps expulser lentement, avec les muscles des joues, l’air emmagasiné et gardé en réserve.

Tout l’art de l’arghoul consiste à ce que la pression de l’air expulsé soit toujours au même niveau, même pendant ce passage de conversion de la respiration par les poumons à la respiration par les joues.